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Le conflit Fecafoot-LFPC fait planer la menace de retrait du CHAN 2021 au Cameroun

Le conflit Fecafoot-LFPC fait planer la menace de retrait du CHAN 2021 au Cameroun

Paru le lundi, 12 octobre 2020 11:56

« Ingérence potentielle dans les affaires de la Fecafoot ». C’est l’objet du courrier que le directeur de la division Associations membres de la Fédération internationale de football association (FIFA), Véron Mosengo-Omba, a adressé le 8 octobre 2020 au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Seidou Mbombo Njoya.

Il note que malgré les dispositions prises par la réunion du Comité exécutif de la Fecafoot du 24 et 25 septembre en vue de l’exécution de la sentence du TAS du 14 septembre demandant la réhabilitation de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC), le ministre des Sports a tout de même créé un Groupe de travail dans ce sens.

« Un “Groupe de travail ministériel” qui serait apparemment responsable du suivi de l’exécution diligente de la sentence arbitrale susmentionnée, et qui remettrait potentiellement en cause la décision de l’AG de la Fecafoot », insiste Véron Mosengo-Omba.

Le gouvernement réfute

Ce dernier martèle que « les associations membres de la FIFA sont statutairement tenues de gérer leurs affaires de manière indépendante et sans influence indue de tiers ». La violation de ces dispositions, même si elle n’est pas de son fait, expose l’association à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension.

En réaction, dans une correspondance adressée le 9 octobre au président de la Fecafoot, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (Minsep), Narcisse Mouelle Kombi, parle de « prétendue ingérence potentielle dans les affaires de la Fecafoot ». Il réfute toute intention d’ingérence du gouvernement, en rappelant que ce dernier assure juste la tutelle des associations, y compris la Fecafoot.

Mais le Minsep ne perd pas de vue qu’« il est du devoir de la tutelle de veiller à ce que les fédérations et les membres respectent tant leurs propres textes que les lois et règlements de la République dans notre État de droit ».

Ton injonctif

Sauf que, dans sa correspondance, Narcisse Mouelle Kombi utilise un ton quasiment injonctif, en prenant même le soin d’indiquer au président de la Fecafoot des éléments de langage pour sa réponse à la FIFA. « Vous voudrez par ailleurs signifier à vos interlocuteurs de la FIFA que la crise actuelle entre la Fecafoot et la Ligue n’est pas le fait de l’ingérence de l’Etat, mais résulte d’une faute de la Fecafoot dans ses rapports avec la Ligue », prescrit-il par exemple.

Difficile de croire que le président de la Fecafoot prendra l’initiative d’écrire au président de la FIFA en utilisant les mots du Minsep dès lors que leurs vues divergent sur le Groupe de travail. Seidou Mbombo Njoya, qui rappelle que la Fecafoot s’est d’ores et déjà pliée à la sentence du TAS, a indiqué au Minsep que la Fecafoot ne trouve plus utile de participer aux travaux de cette structure.

Pourtant, la menace de la FIFA est claire : « Dans le cas où le “Groupe de travail ministériel” en question n’apporterait pas seulement un soutien à la Fecafoot mais s’avérerait donner des directives à celle-ci, nous serions contraints de rapporter ces événements aux organes compétents de la FIFA pour prise de décision, incluant l’application de sanctions telle qu’une suspension à l’égard de la Fecafoot ».

Une issue d’autant plus redoutée que le Minsep et la Fecafoot campent chacun dans sa position. Une suspension de l’instance faîtière du football camerounais entrainerait ipso-facto un retrait du CHAN que le pays devrait accueillir dès janvier 2021.

Dominique Mbassi

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