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Violences faites aux femmes : les chiffres alarmants de la Commission des droits de l’homme

Violences faites aux femmes : les chiffres alarmants de la Commission des droits de l’homme

Paru le mercredi, 24 novembre 2021 14:42

La 21ème édition de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes se célèbre le 25 novembre 2021 sur le thème : « Orangez le monde, mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes ».

Dans une déclaration publiée à cette occasion, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) note que les actes de violence à l’égard de la gent féminine constituent l’une des violations des droits humains les plus répandues et les plus dévastatrices dans le monde. Elles sont aussi les moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui les entourent.

Au Cameroun, note la CDHC, 3403 cas de femmes et de filles victimes de violences basées sur le genre (agressions sexuelles, mariages précoces, délaissements, etc.) sont portés devant les juridictions dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord. En 2018, environ 54,54 % de femmes ont été victimes d’abus psychologiques, 50,24 % de violences économiques, 24 % des adolescentes ont subi le repassage des seins et 1,4 % victimes de mutilations génitales.

« En 2019, les statistiques collectées auprès des juridictions de 6 régions (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Ouest, Centre et Sud) font état de 224 procès-verbaux dressés pour des faits qualifiés de viols, donnant lieu à 163 décisions et 105 condamnations pour 78 victimes enregistrées, tandis que 533 procès-verbaux ont été dressés et 280 personnes condamnées pour 328 victimes de faits d’outrage à la pudeur des personnes mineures de 16 ans », monitore la CDHC.

Entre février et décembre 2020, l’instance a enregistré 4300 incidents sexuels et violences basées sur le genre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et entre janvier et mars 2021 au total 500 cas de viols et d’abus sexuels dans les mêmes régions.

Les statistiques issues des études de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes sont plus effarantes : 55 % de femmes âgées de 15 à 50 ans ont subi différentes formes de violences au moins depuis l’âge de 15 ans. 20 % de femmes ont été forcées d’avoir leur premier rapport sexuel, 14 % de femmes ont déclaré avoir subi des violences pendant la grossesse, etc. Dans le même temps, plus de 51 % d’actes de violence ont été commis par le conjoint ou le partenaire, 48 % des victimes affirment n’avoir jamais sollicité de l’aide et 39 % ont gardé le silence.

Face à ce déchaînement de violences contre les femmes, le gouvernement n’est pas resté inactif. La CDHC le félicite pour les efforts fournis, notamment la mise en place des Call Centers et des Gender Desks au niveau des unités de police des régions de l’Adamaoua, de l’Est et de l’Extrême-Nord qui ont reçu 1150 femmes pour la seule année 2019.

Elle « recommande fermement que les enquêtes sur les violences à l’égard des femmes, commises par des acteurs étatiques et non étatiques, aboutissent à la condamnation de leurs auteurs à des peines proportionnelles à l’infraction, y compris à l’indemnisation des victimes ». La CDHC souhaite aussi une accélération de l’élaboration et de l’adoption d’une nouvelle Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre pour la période 2020-2030.

D.M.

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