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Insuffisance rénale : comprendre la crise de la prise en charge, malgré une subvention annuelle de 4 milliards FCFA

Insuffisance rénale : comprendre la crise de la prise en charge, malgré une subvention annuelle de 4 milliards FCFA

Paru le lundi, 25 janvier 2021 17:25

Le gouvernement camerounais planche sur une meilleure prise en charge de l’insuffisance rénale. Celle-ci passe par la mise en place d’une filière locale de fabrication des intrants et matériels nécessaires aux séances d’hémodialyse. 

« A terme, nous souhaitons que certains éléments des kits soient fabriqués au pays. Nous sommes en train de travailler avec certains opérateurs sur cette question », rassure le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie.

Cette filière locale viendra mettre fin à une situation embarrassante pour le gouvernement et pénible pour les insuffisants rénaux, qui subissent régulièrement les affres d’une prise en charge défaillante.

Officiellement, le gouvernement camerounais débourse en moyenne 4 milliards FCFA par an pour la prise en charge des malades souffrant d’insuffisance rénale. Cette subvention est destinée notamment à l’acquisition de kits et équipements d’hémodialyse.

En 2020 par exemple, le ministre Manaouda Malachie a annoncé l’acquisition de 40 000 kits d’hémodialyse auprès de Fresenius Medical Care en Allemagne. Une cargaison censée mettre fin aux ruptures de stock quasi récurrentes auxquelles le Cameroun fait face. « Dans les six prochains mois, on n’aura pas de problème de rupture. Si jamais on a un financement, nous allons tout faire pour en commander avant que le premier lot ne finisse », assurait alors le Minsanté.

Pénuries récurrentes

Pourtant, moins de quatre mois après, la pénurie de kits de dialyse était le lot de la quasi-totalité des centres de prise en charge disséminés dans tout le pays, à raison d’un centre pour chaque capitale des 10 régions.

Une situation mettant en danger la vie des malades d’insuffisance rénale d’autant plus que l’hémodialyse constitue aujourd’hui l’unique traitement de substitution disponible au Cameroun, qui bénéficie à plus de 90 % des patients dialysés, d’après le Minsanté.

Même si ce dernier reconnait que la solution la plus efficace est la transplantation d’organes. « C’est la seule chose qui peut permettre aux patients de retrouver une vie normale, sans séances de dialyse » explique Manaouda Malachie.

Afin de légaliser la greffe du rein au Cameroun, ce département ministériel s’emploie à élaborer un projet de loi. « Nous allons accélérer le processus afin qu’il soit très rapidement présenté au gouvernement », promet Manaouda Malachie.

Légalisation de la greffe du rein

En attendant, le gouvernement a opté pour la facilitation de l’accès au traitement. Le président de la République a alors instruit la création des centres d’hémodialyse dans tous les hôpitaux régionaux du pays depuis 2011.

De plus, grâce à la subvention de l’Etat, le coût de ce traitement est passé de 250 000 FCFA à 5000 FCFA déboursés par séance et par malade dans un centre public, contre 75 000 FCFA dans le privé. Mais en raison de la pénurie récurrente, un malade peut débourser 35 000 FCFA pour acquérir un kit dans un circuit noir.

La faute à la persistance des pénuries des kits et les pannes récurrentes des équipements. D’après Pr. Gloria Ashutantang, chef de service de neurologie/hémodialyse à l’hôpital général de Yaoundé, la rupture des kits d’hémodialyse se justifie par la défaillance des fournisseurs qui ne livrent pas toujours à temps le matériel commandé.

Un responsable d’un journal spécialisé en santé fait une autre lecture : « Le problème principal de cette pénurie est lié au projet. Il n’y a pas eu suffisamment d’études de faisabilité préalables. Les autoritaires sanitaires avaient juste voulu appliquer la volonté du président de la République sans prendre le recul nécessaire pour étudier le projet ».

Il rappelle que dès les premières années de lancement, les 10 centres de dialyse « connaissent déjà des soucis : manque criard de personnel formé, insuffisance du parc, qualité de la prise en charge, retard de commandes, mauvaise gestion des stocks ». Aujourd’hui, la majorité des équipements sont vétustes et les subventions de l’Etat ne suffisent plus.

D.M.

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