Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Éducation : après plusieurs semaines de grève, les cours reprennent timidement dans les lycées

Éducation : après plusieurs semaines de grève, les cours reprennent timidement dans les lycées

Paru le lundi, 28 mars 2022 16:43

Ce lundi, les cours n’ont pas complètement repris dans plusieurs lycées du pays, alors même que le collectif On a trop supporté (OTS) a appelé à cesser la grève. « La reprise est timide et globalement, il faut dire qu’il n’y a presque pas de reprise. À 10h, j’ai vu les élèves du lycée de Domayo rentrer chez eux », indique un inspecteur pédagogique en service à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord.

Il poursuit : « nous-mêmes [les inspecteurs pédagogiques] nous continuons d’attendre la reprise effective des cours afin d’évaluer les élèves professeurs de l’École normale de l’université de Maroua ».

Cette « reprise timide » des cours à Maroua donne un aperçu général de la situation. En fait, de l’avis des enseignants qui observent cette grève depuis plusieurs semaines, les trois régions du Grand-Nord et la région de l’Ouest sont celles qui ont le mieux observé le débrayage organisé par OTS. À Maroua, « tous les lycées étaient paralysés en dehors des collèges privés où les enseignants sont payés à la tâche », renseigne l’inspecteur.

Année blanche

Il croit toutefois que ses collègues vont reprendre les cours dans les prochains jours pour « renvoyer dignement les élèves en congés de Pâques et pour éviter une année blanche. La balle sera dans le camp du gouvernement qui doit respecter ses promesses ».

Sur les plateformes OTS, l’ambiance est aussi à la désorganisation, si on en croit un gréviste. Ce dernier est aussi convaincu que la grève va bientôt céder, mais pas pour éviter une année blanche. Notre source indique que la véritable raison est pécuniaire : « la majorité des enseignants sur la plateforme OTS ont peur d’être privés de leur salaire comme Grégoire Owona l’a promis à ceux qui vont poursuivre la grève ».

En effet, le ministre du Travail et de la sécurité sociale, qui s’est impliqué dans les négociations avec les enseignants grévistes, a fait savoir, il y a plusieurs jours, sur les ondes de ABK que le salaire est donné à ceux qui travaillent. Il est revenu à la charge quelques jours plus tard sur STV. Des mises en garde qui ont créé la panique chez plusieurs enseignants qui promettent maintenant de reprendre la craie et d’attendre la mise en œuvre des promesses édictées par le président Paul Biya pour régler cette grève.

Promesses déjà tenues

D’autres par contre refusent de céder. « Prêts à tout pour sauver vos postes même s’il faut passer sur les cadavres. Vous avez enterré Hamidou comme un moins que rien après 10 ans de sacerdoce sans salaire », s’indigne un gréviste qui appelle à maintenir le mot d’ordre de grève jusqu’à ce que le gouvernement paye la totalité des arriérés dus aux enseignants et qu’il révise et applique le statut particulier.

Déjà, cette fin du mois de mars, les 20 449 enseignants, qui ne touchaient que les 2 tiers de leurs salaires, ont commencé à le percevoir entièrement, indique le ministère des Finances. Selon la même source, les 5289 enseignants, qui ne recevaient pas, jusqu’ici, l’indemnité de non-logement, ont commencé à percevoir cette indemnité. L’apurement des arriérés dus à ces deux mesures devrait débuter au mois de mai.

Michel Ange Nga

Lire aussi :

Grève des enseignants : le duel Nalova ≠ Le ébranle la solidarité gouvernementale

Grève des enseignants : pourquoi les mesures de Paul Biya peinent à convaincre tous les grévistes

● E-Arnaques


● Fact Cheking




Plus de 100 000 PME créées au Cameroun en quatre ans

InfographieFormation PME cameroun