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Levée de fonds controversée du MRC : les opérateurs de téléphonie mobile sous pression

Levée de fonds controversée du MRC : les opérateurs de téléphonie mobile sous pression

Paru le mardi, 28 avril 2020 05:22

Après Afriland First Bank, la pression s’accentue sur les opérateurs de téléphonie mobile MTN Cameroon et Orange Cameroun. Dans deux correspondances, signées ce 27 avril 2020, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) instruit à chacune de ces deux entreprises de « procéder sans tarder » à la clôture des comptes [Orange money et Mobile money] ouverts par « Survie Cameroon-Survival Initiative » en vue de la collecte de l’épargne publique « prétendument » destinée à la lutte contre le Covid-19.

Cette initiative lancée par l’opposant camerounais Maurice Kamto et son parti le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), sans l’autorisation préalable du Minat est jugée « illégale » par le ministre Paul Atanga Nji. Le membre du gouvernement demande par ailleurs que les fonds mobilisés à travers ces comptes soient gelés, « en attendant l’aboutissement des enquêtes déjà ouvertes ».

Motivations

« Le Minat qui assure la tutelle des partis politiques et des associations n’a pas connaissance de l’existence d’une association dénommée “Survie Cameroon – Survival Initiative”, dans ses registres », avance le Minat pour motiver sa requête. De plus, selon l’article 10 de la loi N° 90/056 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques, « il est formellement interdit à un parti politique de recevoir des fonds de l’extérieur », écrit le Paul Atanga Nji.  

Le patron de la préfectorale rappelle par ailleurs que « l’appel à la générosité publique pour quelques raisons que ce soit doit être autorisé par le Minat ». L’autorité convoque à ce sujet deux textes : la loi du 21 juillet 1983 régissant les appels à la générosité publique et son décret d’application.   

Embarras et menaces

La sortie du ministre Atanga Nji fait également office de mise en garde à l’endroit des opérateurs. « Je relève à votre attention qu’en maintenant actif ledit compte, vous êtes susceptible d’être considéré comme co-auteur ou complice de cette activité illégale », menace le Minat.

Cette menace en rajoute à l’embarras des opérateurs. Ces entreprises commerciales redoutent que cette affaire aux relents politiques n’ait des répercussions sur leur image aussi bien auprès des autorités que de l’opinion, voire sur leurs activités. En effet, le 23 avril dernier, Christian Penda Ekoka, le président de l’instance de gestion du programme a annoncé que MTN et Orange ont bloqué les comptes dédiés à la réception des dons. Cette annonce a été suivie d’une levée de boucliers des soutiens et sympathisants de cette initiative, à l’encontre de ces sociétés de téléphonie.

Face à la tournure du débat, l’opérateur MTN est sorti de sa réserve pour expliquer sa position sur cette affaire. Dans une correspondance datant du 23 avril la filiale du groupe sud-africain informe que les transactions dudit compte ont été suspendues « à la demande d’une autorité en charge de la surveillance des transactions financières ». Selon une source interne à cette multinationale, la suspension qui a duré 48 heures a été formulée par l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), saisie pour enquêter sur cette affaire.

En tout cas, en attendant la suite qu’elles donneront à la requête du Minat, les opérateurs de téléphonie sont coincés entre le marteau du gouvernement, qui leur exige de collaborer dans le cadre des enquêtes ouvertes au sujet de cette levée de fonds controversée, et l’enclume virale des partisans et activistes du MRC.

BE

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Dernière modification le mardi, 28 avril 2020 06:24

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