Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Grève des enseignants : les menaces de Paul Atanga Nji portent leurs fruits

Grève des enseignants : les menaces de Paul Atanga Nji portent leurs fruits

Paru le lundi, 09 mai 2022 14:26

Le 6 mai dernier, les collectifs On a trop supporté (OTS) et On a trop attendu (OTA) ont appelé les enseignants à observer cinq jours de grève dès ce lundi. Il s’agit de protester contre « la filouterie du gouvernement qui ne veut manifestement pas résoudre les problèmes posés depuis février ». Mais le mot d’ordre de grève n’est pas suivi dans tous les établissements du pays, reconnait Olen Jeudong, un des représentants du collectif OTS.

Selon les confidences d’un enseignant en poste à Yaoundé, beaucoup de ses collègues souhaitent à nouveau se mettre en grève, mais ils appréhendent la réaction des autorités administratives. « Les gens ne sont plus motivés. La menace du ministre fait peur », fait savoir notre source. En effet, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji (photo), écrit aux gouverneurs des dix régions, le même 6 mai, pour leur demander de sévir contre tous ceux qui vont suivre ce mot d’ordre de grève.

« Pour les enseignants absents de leurs postes sans aucune raison valable, vous tiendrez la main ferme à l’application des sanctions prévues par les textes en vigueur », peut-on lire dans cette correspondance. Le Minat prescrit aussi à ses collaborateurs de procéder à « l’identification systématique et à l’interpellation, le cas échéant, des signataires des “tracts” véhiculés par les mouvements “OTS” et “OTA”, conformément aux lois et règlements en vigueur ».

Pour justifier le recours à la méthode forte, Paul Atanga Nji explique « les mesures prescrites par le chef de l’État sont déjà perceptibles pour de nombreux enseignants à travers les salaires de mars et d’avril ». Ce qui démontre, assure ce dernier, « la ferme volonté du gouvernement de régler de manière progressive les problématiques soulevées par ce secteur névralgique, malgré leur incidence financière considérable sur le budget de l’État ». Il estime aussi que la « réduction considérable des délais de traitement des dossiers d’intégration et des avancements des enseignants » est une « innovation qui mérite d’être saluée ».

Détermination des OTS et OTA

Le Minat reproche aussi aux collectifs OTS et OTA d’être des « esprits malveillants, dénués de toute légitimité ». « Nous attirons l’attention de la communauté nationale, internationale et du Minat, sur le fait que les représentants OTS ne sont pas des maquisards ni des personnes cachées, la preuve, les signatures avec nom à l’appui et les numéros de ces représentants sont sur les communautés et correspondances », ont régi ces mouvements dans un communiqué signé conjointement. Ils y dénoncent également une énième atteinte aux droits des enseignants et de grève.

Les gouverneurs ont-ils déjà commencé, d’une manière quelconque, à exécuter les instructions de leur tutelle alors que certains établissements comme le lycée technique de Njombe, dans le département du Moungo (région du Littoral), observent l’opération craie morte ? « Nous n’avons pour l’instant aucune nouvelle dans ce sens. On reste en stand-by », indique Olen Jeudong.

Comme pour la première grève conduite par OTS, tous les regards sont tournés vers le Grand-Nord, où ce collectif recrute la majorité de ses membres. Un enseignant à Maroua avoue que plusieurs enseignants dans la capitale de la région de l’Extrême-Nord ne font pas cours depuis la rentrée du troisième trimestre. « Certains établissements comme le lycée bilingue sont presque à l’arrêt », indique notre source.

Michel Ange Nga          

Lire aussi :

Éducation : OTS exclu du dialogue alors qu’il appelle à l’opération « École morte » du 25 au 29 avril

Grève des enseignants : comprendre pourquoi le mouvement OTS donne du fil à retordre au gouvernement

Dernière modification le lundi, 09 mai 2022 14:28

● E-Arnaques


● Fact Cheking




Plus de 100 000 PME créées au Cameroun en quatre ans

InfographieFormation PME cameroun