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Face à la grogne des dialysés, le gouvernement en quête de solutions pour un meilleur accès aux soins

Face à la grogne des dialysés, le gouvernement en quête de solutions pour un meilleur accès aux soins

Paru le mercredi, 20 janvier 2021 13:46

Face à la grogne des personnes souffrant d’insuffisance rénale, le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, lance une série de réflexions avec les dialysés afin de trouver des solutions pérennes pour un meilleur accès aux soins.

La première phase de concertation a débuté mardi 19 janvier avec les patients du centre d’hémodialyse de l’Hôpital général de Yaoundé. Une «rencontre spéciale» qui a permis d’identifier et de mettre sur la table les principaux problèmes qui grippent la prise en charge des insuffisants rénaux.

En l’occurrence : l’insuffisance, en qualité et en quantité, de kits, la vétusté du matériel souvent due à la surutilisation des machines qui entraîne des pannes et arrêts intempestifs de celles-ci, l’insuffisance des ressources humaines (2 infirmiers pour 25 machines), le mauvais fonctionnement de la salle d’eau, le manque d’une banque de sang au sein de l’hôpital, la cherté de la prise en charge malgré la subvention de l’Etat et la non-prise en compte du volet transplantation dans le traitement de l’insuffisance rénale chronique, énumère le ministère sur Facebook.

Compte d’affectation spécial

Pour remédier à cette situation, le patron de la santé annonce la mise à disposition de nouvelles machines de dialyse (entre 40 et 60) d’ici le mois de mars prochain, ainsi que le renforcement du personnel de soins d’ici la fin de la semaine en cours. «Dans les prochaines semaines», des techniciens et néphrologues prendront part au Maroc à une formation pratique sur l’utilisation et la maintenance des équipements, a-t-il dit.

Dès le 20 janvier prochain, une équipe de techniciens va descendre sur le terrain afin d’examiner la faisabilité de la construction d’un forage notamment au sein de l’Hôpital général pour assurer le fonctionnement permanent de la salle d’eau du centre d’hémodialyse.

 «Par ailleurs, le ministre a rassuré ses interlocuteurs quant au travail et au plaidoyer qui est fait pour parvenir à la gratuité de la prise en charge du traitement, mais aussi à la création d’un Compte d’affection spécial pour garantir la pérennisation du financement de la dialyse. Pour ce qui est de la transplantation des organes, il a également relevé que les réflexions en cours sont déjà assez avancées et que d’ici la fin du premier trimestre 2021, la proposition du texte de loi y afférente sera envoyée au gouvernement», indique-t-on au Minsanté. Les insuffisants rénaux dénoncent régulièrement le manque de kits pour les séances de dialyse au centre d’hémodialyse de l’Hôpital général de Yaoundé.

Malaise

Ce malaise est partagé par les patients des autres régions qui peinent également à se soigner. Privés de soins depuis presque trois mois, les insuffisants rénaux de Maroua (Extrême-Nord) sont à nouveau descendus dans la rue le 13 janvier pour manifester leur mécontentement. A Bertoua, capitale régionale de l’Est, les malades sont plongés dans la détresse depuis l’arrêt des activités du centre d’hémodialyse.

Après une polémique au sujet du fonctionnement du centre d’hémodialyse de Bamenda (Nord-Ouest), le Minsanté a acheminé 8 nouvelles machines et autres consommables nécessaires qui devraient permettre à cette structure de fonctionner pendant au moins les 9 prochains mois.

L’hémodialyse est le seul traitement de substitution rénale disponible au Cameroun. Elle est subventionnée à 95% par l’Etat depuis 2002, ce qui a permis de ramener le coût de la séance de dialyse à 5.000 francs FCFA (au lieu de 75.000 selon les malades). Chaque année, le gouvernement alloue 4 milliards F CFA à la subvention de la prise en charge du traitement des patients souffrant d’une insuffisance rénale.

Depuis l’ouverture du premier centre en 1990, toutes les régions sont aujourd’hui dotées d’au moins un centre d’hémodialyse public. Mais le pays connaît fréquemment des pénuries de kits de dialyse, ce qui ne va pas sans conséquences pour les malades. «Nous travaillons pour que ces problèmes soient définitivement résolus, notamment pour que nous ayons des kits sur place et tout ce qui va avec, en matière de fabrication et de savoir-faire», affirme Manaouda Malachie dans une récente interview.

P.N.N

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Dernière modification le mercredi, 20 janvier 2021 13:52

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