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État civil : en 2019, le Cameroun comptait 1,6 million d’élèves sans acte de naissance

État civil : en 2019, le Cameroun comptait 1,6 million d’élèves sans acte de naissance

Paru le vendredi, 06 août 2021 10:32

Le Bureau national d’état civil (Bunec), organisme public en charge de la gestion de l’état civil, avec l’appui du ministère de l’Éducation de base (Minedub), a recensé 1,6 million d’élèves inscrits dans les écoles primaires et maternelles du Cameroun ne disposant pas d’un acte de naissance en 2019.

« La région de l’Extrême-Nord est concernée au premier rang par l’ampleur du problème, de par l’importance de sa démographie et du fait des activités terroristes menées par le groupe islamiste Boko Haram. Cette région comptait à elle seule en 2019 plus de 400 000 élèves sans actes de naissance », précise Tobie Ndi, en charge de la communication du Bunec.

D’après l’étude-diagnostic et de l’évaluation complémentaire du système de l’état civil au Cameroun menée en 2016, le faible niveau de déclaration des naissances s’explique par une multitude de facteurs. Parmi les plus importants, figurent les entraves administratives liées entre autres au non-fonctionnement des centres d’état civil ou leur éloignement des populations.

Barrières administratives et financières

L’étude pointe aussi les barrières financières. En effet, la réglementation consacre la gratuité de la déclaration et de l’enregistrement des naissances, mais dans les faits ils sont conditionnés par le paiement de frais aussi bien dans les formations sanitaires que dans les centres d’état civil.

L’ignorance des textes en vigueur et la négligence des populations ne sont pas en reste. Celles-ci sont encouragées par la tolérance administrative, au nom de laquelle les sanctions prévues contre la non-déclaration des naissances ne sont presque jamais appliquées.

Or, rappelle la communication du Bunec, « un individu non enregistré à l’état civil est considéré comme fantôme, victime du phénomène de l’invisibilité et menacé par le risque d’apatridie ».

Programme de réhabilitation de l’état civil

Mais depuis son entrée en scène en 2016, le Bunec s’emploie à mettre en œuvre le Programme de réhabilitation de l’état civil. Dans cette optique, il affirme avoir déjà formé plus de 10 000 officiers et secrétaires d’état civil. Cette formation s’accompagne « des actions de sensibilisation, d’éducation et d’information de la population et des autres parties prenantes de l’état civil, à l’instar du personnel judiciaire, des autorités administratives, religieuses et traditionnelles, les élus, les relais communautaires », note Tobie Ndi.

Dans la même veine, les pouvoirs publics œuvrent pour l’extension du service d’état civil. Ainsi, informe le Bunec, une cartographie des centres d’état civil a été élaborée et compte 374 centres principaux disséminés dans les 360 communes et mairies des 14 plus grandes villes, 2455 centres secondaires et 46 centres d’état civil logés dans les différentes représentations diplomatiques du Cameroun à travers le monde.

D.M.

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Dernière modification le vendredi, 06 août 2021 10:33

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