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Viviane Ondoua Biwole : l’aiguilleuse féministe de la bonne gouvernance

Viviane Ondoua Biwole : l’aiguilleuse féministe de la bonne gouvernance

Paru le lundi, 18 janvier 2021 13:59

Son engagement pour la bonne gouvernance et les principes d’un management moderne au sein de l’administration publique camerounaise est sans concession. Pour Viviane Ondoua Biwole, la lutte contre les mauvaises pratiques de gestion observées dans les secteurs publics et parapublics est un combat de conviction.

Et même si ses prises de position sur la longévité contreproductive des mandats des gestionnaires des entreprises publiques lui ont coûté son strapontin de directeur général adjoint de l’Institut supérieur de management public (ISMP), l’universitaire reste droit dans ses bottes. Iconoclaste avant et malgré tout, elle garde la même verve lorsqu’il s’agit de questionner les affaires publiques sous la sphère de la gestion qu’elle enseigne depuis 20 ans à l’Université de Yaoundé II. C’est certainement ce qui lui a valu d’être repérée par la Yale Unversity, l’une des plus prestigieuses universités des États-Unis, où elle est professeure associée.

Écrivaine prolifique, les dédicaces des livres de cette universitaire de 49 ans sont des rendez-vous et leurs contenus attendus et scrutés. Idem pour ses articles et tribunes libres largement commentés et partagés sur les réseaux sociaux par des internautes de tous bords. En témoignent les niveaux d’audience réalisés par son blog, sa chaine YouTube ou sa page Facebook.

Avec méthode, celle qui a passé neuf ans dans le top management de l’ISMP a construit son influence. Du côté de l’opposition comme dans les milieux du pouvoir, la pertinence des analyses et la profondeur de la plume de cette femme gradée du titre de maître de conférences depuis 2018, inspirent le respect. Vus sous cet angle, certains la présentent comme une « exemption » voire une « référence » dans le débat public miné au Cameroun par les clivages sociopolitiques.

Sa crédibilité, renforcée par son double background d’universitaire et de haut commis de l’État, et son incontestable notoriété médiatico-cybernétique font d’elle une femme qui compte et une voie qui porte dans la scène publique.

Et même si certains thuriféraires de son parti lui reprochent de ne pas respecter les codes de l’establishment, cette native de Doumé dans la région de l’Est clame son attachement indéfectible aux valeurs du renouveau. Mais, Viviane Ondoua Biwole pense qu’il faut prendre son destin en main. En témoigne sa tribune intitulée « Une femme camerounaise pour succéder à Paul Biya », publiée le 6 mars 2020 dans la mouvance de la Journée internationale de la femme. Dans le sérail, ce billet empreint d’un féminisme « osé » a créé le branle-bas.

Dans un univers politico-administratif plutôt macho, certains pensent que ce pamphlet trahit l’expression d’une ambition politique… supposée ou réelle ? Difficile à dire. Toujours est-il que pour cette experte en management public et ancien inspecteur du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, les femmes compétentes ont le droit, autant que les hommes, d’accéder aux postes de pouvoir et participer à la prise des décisions.

Baudouin Enama

Dernière modification le lundi, 18 janvier 2021 14:00

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